UNE CHRONIQUE DE MARCEL PROUST : SON DOULOUREUX DIVORCE
Je vais conter une dure période de ma vie. Une période qui m’a marqué.
Depuis quelques temps, plus rien n’allait entre ma femme et
moi. Elle me soupçonnait de la tromper, et moi aussi. Elle se comportait de
façon très étrange. De plus, elle passait ses journées dehors et rentrait très
tard le soir.
Alors un jour, je décidai de la
suivre afin de découvrir où elle allait. Je la poursuivis dans des rues qui
étaient assez sombres, même à dix heures du matin. De temps en temps, elle se
retournait afin de vérifier si personne ne la suivait mais fort heureusement,
j’avais eu le temps de me cacher dans une autre ruelle. Elle emprunta la rue
Saint- Georges. Puis, je la vis prendre le tramway en direction de
Saint-Martin. Elle se comportait de façon si différente qui je peinais à la
reconnaître parmi les passants. Nous commencions à ralentir lorsque
soudainement, elle se mit à courir si vite que je ne la retrouvais pas tout de
suite. Ensuite, nous avons rejoint un lac puis traversé un pont, puis un autre.
Je commençais à perdre l’espoir
de découvrir où elle se rendait depuis tant de temps et ainsi je la poursuivis
longtemps avant de la voir s’arrêter devant une maison, quand je vis un homme
mais aussi deux enfants lui ressemblant comme deux gouttes d’eau : une
fille et un garçon qui criaient à tue-tête « Maman ! Maman !
Maman ! » Quand je pense que nous, depuis deux ans, nous essayions
d’avoir des enfants…
Elle en avait eu avant notre
mariage. Ces enfants devaient avoir au moins sept années alors que nous étions
mariés depuis tout juste quatre ans. Après les avoir vu entrer dans
l’habitation, je rentrais à la maison, maison où ont régné quatre années de
mensonges, de tromperie. Toute cette mascarade se déroulait sous mes yeux mais
je n’en n’avais pas vu une miette. J’avais une si grande confiance en elle et
elle l’avait brisée, non… En fait elle ne l’avait jamais prise en compte.
Elle ne s’était pas soucié de
quelle serait ma réaction si j’apprenais ce lourd secret. Alors, c’est sans
dire un mot que je me suis rendu dans notre chambre et que, pris de rage, je
détruisais tout ce qui se trouvait sur mon passage. Je commençais par casser
tous les meubles, puis je continuais en déchiquetant tous ses linges. Tous.
Sans aucune exception. J’avais à présent tout détruit. Toutes nos quatre années
d’union avaient volé en éclat. Je descendis à la salle à manger pour contempler
nos photos de mariage. Et dans un élan de rage, je les brûlais.
Et je tombai par terre en pleurs.
Pleurs qu’elle ne méritait pas certes, mais en pleurs. Je la haïssais tout
comme je l’aimais. Et c’est ainsi que je demandai le divorce en expliquant
qu’elle m’avait trompé… Elle fût traitée d’adultère, de chiffonnière. Dans ma
tête, toutes ces années n’avaient pas existé mais je savais au fond de moi, que
j’y penserai sûrement jusqu’à la fin de ma vie.
Par Léna, 3e2
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